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Chaque 1er janvier, en Calabre, la première bouchée de l’année n’est pas un dessert ni une galette. Ce sont des lentilles fumantes, servies avec une saucisse généreuse. Selon la tradition, ce plat apporterait argent, chance et prospérité. Et le chef Denny Imbroisi en partage une version simple, parfumée, qui transforme un simple ragoût en véritable rituel porte-bonheur.
En Italie, surtout dans le sud, les lentilles ne sont pas qu’un plat rustique. Leur forme ronde et légèrement aplatie rappelle de petites pièces de monnaie. En manger au Nouvel An serait un moyen symbolique d’attirer l’abondance pour les mois à venir.
On les sert donc dès le 1er janvier, le plus souvent avec une saucisse riche et fondante, le cotechino. La scène est toujours la même. Une coupe de vin pétillant à la main, un grand plat de lentilles fumantes au centre de la table, et l’espoir discret que l’année qui commence sera un peu plus douce que la précédente.
Dans son livre Cucina di famiglia, le chef Denny Imbroisi propose une version très familiale de ces lentilles du Nouvel An. C’est une recette qui mijote doucement, avec des légumes, des herbes et du vin blanc. Le résultat est un plat à la fois simple et profondément réconfortant.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas la difficulté. C’est le soin apporté à chaque étape. Les légumes bien dorés, le vin blanc qui concentre les arômes, les herbes qui infusent lentement. Et enfin, le cotechino, ajouté en tranches, qui apporte ce goût typiquement italien, un peu épicé, très généreux.
Pour préparer ce plat à la façon de Denny Imbroisi, il vous faut :
Veillez à choisir des lentilles qui se tiennent bien à la cuisson. Les lentilles vertes du Puy ou des lentilles brunes classiques fonctionnent très bien pour ce type de ragoût.
Cette recette demande peu de gestes techniques. Le plus important est de laisser le temps au plat de cuire doucement. Comptez environ 15 minutes de préparation et un peu plus d’une heure de cuisson totale.
Épluchez l’oignon et les carottes. Émincez finement l’oignon. Coupez les carottes en petits dés réguliers, d’environ 0,5 cm. Rincez les branches de céleri et détaillez-les en petits tronçons. Pelez les gousses d’ail et coupez-les en fines lamelles.
Dans une grande cocotte, versez les 2 cuillères à soupe d’huile d’olive. Faites chauffer à feu moyen. Ajoutez l’oignon, les carottes, le céleri et l’ail. Laissez revenir 5 à 7 minutes en remuant souvent. Les légumes doivent légèrement colorer et dégager une bonne odeur, sans brûler.
Quand les légumes commencent à dorer, versez les 20 cl de vin blanc sec dans la cocotte. Grattez bien le fond avec une cuillère en bois pour détacher les sucs. Laissez réduire à feu moyen pendant environ 5 minutes. Le liquide doit presque disparaître et devenir sirupeux.
Ce passage concentre les arômes. Il donne ce côté chaleureux et un peu acidulé qui équilibre la richesse de la saucisse.
Ajoutez ensuite les 300 g de lentilles dans la cocotte. Mélangez pour bien les enrober de la base aromatique. Glissez la feuille de laurier et la branche de romarin au milieu des légumes et des lentilles.
Versez environ 1 litre d’eau froide. L’eau doit largement couvrir les lentilles. Portez à frémissement, puis baissez le feu. Laissez cuire à petite ébullition, à demi-couvert, pendant 40 à 45 minutes.
Pendant la cuisson, surveillez de temps en temps. Si l’eau s’évapore trop vite, ajoutez un peu d’eau chaude. L’objectif est d’obtenir une texture crémeuse. La sauce doit épaissir, mais les lentilles ne doivent pas rester sèches.
Lorsque les lentilles commencent à être tendres, préparez le cotechino. Comme il est déjà cuit, il suffit de le réchauffer. Coupez-le en tranches épaisses, d’environ 1 à 1,5 cm.
Déposez les rondelles de cotechino directement dans la cocotte, sur les lentilles fumantes. Laissez mijoter encore 10 à 15 minutes à feu doux. La saucisse va se réchauffer et parfumer encore plus le plat.
Retirez délicatement la feuille de laurier et la branche de romarin. Goûtez les lentilles. Salez et poivrez selon votre goût, en gardant en tête que le cotechino est déjà bien assaisonné.
Transférez les lentilles dans un plat de service chaud. Disposez les tranches de cotechino par-dessus. Terminez avec un fin filet d’huile d’olive extra-vierge. Servez immédiatement, tant que le plat fume encore.
En Calabre, ce plat se suffit quasiment à lui-même. Il est très nourrissant. Vous pouvez toutefois l’accompagner de quelques tranches de pain rustique grillé, ou d’une polenta crémeuse pour un repas encore plus réconfortant.
Pour équilibrer, une simple salade verte à peine assaisonnée fonctionne très bien. Elle apporte de la fraîcheur. Côté boisson, un verre de vin rouge italien léger ou une eau pétillante citronnée se marie parfaitement avec les saveurs du plat.
Si vous préférez éviter l’alcool, vous pouvez remplacer le vin blanc par 20 cl de bouillon de légumes ou de volaille. Ajoutez alors une petite cuillère à café de jus de citron en fin de cuisson pour retrouver un peu de vivacité.
Pour une version sans porc, remplacez le cotechino par une autre saucisse de votre choix, par exemple une saucisse de volaille fumée ou une option végétale grillée. Le rituel reste le même. Ce qui compte, c’est le geste de partager un plat de lentilles du Nouvel An avec vos proches.
Il y a quelque chose de très apaisant dans cette tradition italienne. Rien d’ostentatoire. Juste un grand plat chaud posé sur la table, des ingrédients modestes, beaucoup de patience et l’envie de croire que la nouvelle année sera meilleure.
En adoptant cette recette de Denny Imbroisi, vous apportez un peu de Calabre chez vous. Vous offrez à vos invités un symbole d’abondance, mais aussi un moment de partage sincère. Et au fond, c’est peut-être cela, la vraie chance.